Hervé Guéry interviewé par Ouest-France : mieux répartir les ressources pour réduire les inégalités.

À l’occasion de la Rencontre annuelle de la politique de la ville, organisée par RésO’Villes à Nantes le 24 septembre 2026, Hervé Guéry, directeur d’études au Compas, a été interviewé par Ouest-France. Il y partage une réflexion sur la répartition des moyens publics et des aides ainsi que sur la manière dont les collectivités peuvent agir plus efficacement contre les inégalités.

« On donne davantage aux ménages aisés qu’aux plus pauvres »

Cette affirmation, portée par Hervé Guéry, peut sembler paradoxale. Pourtant, elle met en lumière un enjeu essentiel des politiques publiques : ce n’est pas uniquement le montant d’une aide ou d’une dépense qui compte, mais aussi la manière dont elle est répartie entre les différents ménages.

Hervé Guéry, directeur du Compas

Pour illustrer cette réflexion, Hervé Guéry prend l’exemple de la restauration scolaire à partir de sa propre expérience :

 « Parce qu’on travaillait, ma femme et moi, mes enfants allaient tous les jours à la cantine. On payait 6€ par repas et on aurait pu se dire qu’on en avait marre de payer pour les autres. Mais ce que je ne voyais pas, c’est que le repas coûtait 12€ à la collectivité, soit 60€ par semaine (moins les 30€ que je versais sur la semaine, mon enfant coûtait 30€ par semaine à la collectivité… A multiplier par le nombre d’enfants !). Alors que les enfants des quartiers qui n’y allaient qu’une fois par semaine et qui payaient 1€ par repas, ne coûtait que 11€ par semaine à la collectivité. »

Cet exemple montre que le prix payé par l’usager ne permet pas, à lui seul, de mesurer le bénéfice réel d’une politique publique.

Un ménage qui paie 6€ pour un repas consommé chaque jour peut, au total, bénéficier d’un soutien public plus important qu’un ménage qui paie 1€ mais dont l’enfant ne fréquente la restauration scolaire qu’une ou deux fois par semaine.

 

illustration inégalité cantine

 

Mesurer qui bénéficie réellement des politiques publiques

Au-delà des montants dépensés, il est essentiel d’analyser qui bénéficie des aides et des services publics et dans quelle mesure.

Tarification sociale, taux d’effort, accès aux équipements ou encore politiques éducatives et sportives sont autant de leviers dont disposent les collectivités pour agir sur les inégalités.

Mieux connaître les bénéficiaires permet ainsi de mieux orienter les ressources publiques.

 

Des données pour mieux éclairer la décision publique

L’exemple de la restauration scolaire illustre ainsi une problématique plus large : pour réduire les inégalités, encore faut-il savoir précisément où vont les ressources publiques et qui en bénéficie.

L’analyses des besoins sociaux (ABS) et les différents travaux menés par le Compas permettent notamment aux collectivités de mieux comprendre les réalités sociales de leur territoire et d’interroger l’efficacité et l’équité de leurs politiques publiques.

Cette approche invite à dépasser une question uniquement budgétaire :  combien dépense-t-on ?

Pour poser une question essentielle : Qui bénéficie réellement de cette dépense publique ?

Retrouvez l’interview d’Hervé Guéry dans Ouest-France et découvrez les analyses et travaux du Compas sur les inégalités, les politiques publiques et les territoires.

 

Vidéo : lutter contre les idées reçues – la restauration scolaire