Le suicide, trois fois plus fréquent chez les hommes, deux fois plus chez les plus modestes

La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude sur les inégalités sociales de suicide à partir d’une source originale permettant de croiser causes médicales de décès, niveau de vie, lieu de naissance et caractéristiques sociales d’un large échantillon représentatif de la population.

Entre 2011 et 2021, le taux moyen de suicide en France se situe à 13,6 pour 100 000 habitants, 6,5 chez les femmes et 21,2 parmi les hommes. Ces taux varient du simple au double selon le niveau de vie des personnes, en défaveur des plus modestes. Bien que les trois quarts des suicides concernent des hommes, cette inégalité selon le revenu touche aussi les femmes.
Les hommes agriculteurs, employés et ouvriers présentent des risques de suicide plus élevés que les cadres et professions intellectuelles supérieures. Chez les femmes, aucun surrisque n’est détecté dans ces catégories ; au contraire, parmi celles âgées de 65 ans ou plus, les anciennes cadres ont des taux de suicide supérieurs à ceux des femmes d’autres catégories socioprofessionnelles. Pour tous, la perte du conjoint constitue un fort facteur aggravant, même s’il affecte beaucoup plus les hommes.
Par ailleurs, les personnes nées en France métropolitaine ont un risque plus élevé de suicide par rapport à celles nées dans les Outre-mer ou à l’étranger, tout comme les résidents des territoires ruraux par rapport à ceux des zones urbaines. Ces différences de risques sont observées indépendamment de l’âge, des revenus, de la structure familiale et de la catégorie socioprofessionnelle.
Enfin, le facteur le plus notable au regard des résultats concerne les personnes souffrant d’un trouble psychiatrique : détectées à partir de leurs consommations de soins, elles représentent à elles seules 50% des personnes décédées d’un suicide.

Source : Drees
Publication :  
Études et Résultats N° 1364, janvier 2026