Ce rapport étudie la relation des jeunes ruraux à leur logement, leurs attentes et leurs parcours résidentiels, à partir d’une enquête qualitative menée dans trois espaces ruraux français en Occitanie : Cauvaldor (communauté de communes Causses et Vallée de la Dordogne), Grand Cahors et le Sicoval. Il s’appuie sur des entretiens menés avec 49 jeunes de 18 à 30 ans, des professionnels du logement et de l’action jeunesse, ainsi que sur l’analyse de documents de planification urbaine.
Il en résulte que l’accès au logement pour les jeunes ruraux est entravé par un cumul d’obstacles : manque de petits logements abordables, mauvaise qualité du parc existant, faibles ressources financières, précarité des contrats de travail, et préjugés des bailleurs. Le retour chez les parents est fréquent, l’internat une solution de repli, et la possibilité d’occuper un logement social rare. Si les attentes des jeunes en matière de logement sont modestes à court terme (priorité à la disponibilité et à l’autonomie), l’aspiration à la propriété à long terme, idéalement une maison avec jardin à la campagne, demeure forte.
Le logement est avant tout perçu comme un lieu de repos, de loisirs numériques et aussi parfois comme un espace de socialisation. Par ailleurs, la gestion quotidienne du lieu de vie représente un apprentissage pour les plus jeunes. L’attachement au cadre de vie rural, à la nature et à la tranquillité, est un facteur déterminant dans le choix du logement, même si cela implique un renoncement à accès aux services et aux loisirs.
L’étude conclut sur la nécessité d’une intervention publique multiforme, dépassant une approche quantitative pour intégrer des réponses diversifiées aux besoins spécifiques des jeunes ruraux, en tenant compte de leur mobilité et de leurs parcours de vie complexes.
Source : Injep
Publication : Soutien à la recherche N°2026/03, juin 2026