La transition vers l’âge adulte s’accompagne d’un parcours résidentiel avec des choix contraints et des solutions d’habitat alternatives comme la colocation.
Dans un contexte marqué par la hausse des loyers, la saturation du parc locatif et la précarisation de l’emploi, la quête d’un logement abordable et adapté est de plus en plus complexe. Les dispositifs d’aide au logement, comme l’APL (aide personnalisée au logement) ou l’ALS (allocation de logement sociale), ne suffisent souvent pas à garantir aux jeunes un accès à un logement autonome, en particulier dans les grandes villes.
Mais au-delà des contraintes économiques, les parcours d’étudiants ou des jeunes actifs imposent souvent des mobilités courtes ou transitoires où les jeunes ne peuvent se projeter dans un mode d’habitat pérenne. Ils occupent des logements de transition pour un ou deux ans, le temps d’une classe préparatoire ou d’un master, pour six mois, le temps d’un séjour Erasmus, d’un stage, ou d’un emploi en contrat à durée déterminée. Ces mobilités constituent pour les jeunes des situations où ils se retrouvent très isolés de leur famille et de leur groupe de pairs, et où ils doivent trouver rapidement un nouveau réseau relationnel.
La colocation apparaît alors comme une réponse pragmatique à ce défi de la mobilité et constitue une alternative économiquement accessible avec des avantages non négligeables comme le partage des frais et d’une sociabilité. Certains jeunes y ont recours surtout pour l’expérience collective, tandis que d’autres n’ont pas le choix en raison de leur situation financière (ou leur désir d’indépendance financière par rapport à leurs parents).
Ce rapport s’attache à analyser le phénomène de la colocation chez les jeunes, en s’appuyant sur une étude réalisée auprès d’étudiants et de jeunes actifs à Paris et à Rennes. Il met en lumière les parcours résidentiels des colocataires, les logiques de choix et d’installation, les dynamiques de vie collective et l’impact de cette expérience sur l’accès à l’autonomie, mais aussi sur la construction de l’identité et du rapport à soi.
Source : Injep
Publication : Soutien à la recherche N°2026/02, juin 2026