Les séniors, des mangeurs comme les autres ? Enjeux liés au vieillissement et à la dépendance

Dans un contexte de vieillissement de la population, l’alimentation des personnes âgées constitue un enjeu central à la croisée des dimensions nutritionnelles, sanitaires et sociales. Si l’avancée en âge s’accompagne de besoins spécifiques et de recommandations nutritionnelles particulières, les pratiques alimentaires des seniors restent marquées par une grande diversité de situations, liées à la fois aux habitudes, aux conditions de vie et à l’état de santé. Ce cahier de recherche vise à décrire et analyser les pratiques alimentaires des personnes âgées de 65 ans et plus. D’une part, il permet d’en caractériser les spécificités, en les replaçant par rapport aux pratiques de l’ensemble de la population et des tranches d’âge plus jeunes. D’autre part, il met en lumière des enjeux spécifiques associés à l’avancée en âge en étudiant un échantillon de personnes aidant un sénior fragile ou relevant de la « dépendance culinaire », c’est-à-dire un besoin d’aide pour organiser ou réaliser les tâches liées à l’alimentation. Ce cahier de recherche permet enfin de mettre en lumière la manière dont l’aidance en lien avec l’alimentation est mise en œuvre au quotidien, et dont elle impacte les aidants eux-mêmes.

Le contenu de l’assiette séniors est un des indices des différences alimentaires qui les caractérisent par rapport aux autres tranches d’âge. Ainsi, les personnes de 65 ans et plus consomment plus fréquemment des aliments peu ou non transformés, tels que les fruits, les légumes ou les produits laitiers, et ont plus rarement recours aux plats préparés ou à la restauration extérieure. La consommation de protéines est un enjeu de santé important pour les séniors, les apports protéiques participant au maintien des capacités motrices et à la prévention de situations de fragilité susceptibles de favoriser la dénutrition et la perte d’autonomie. Si la fréquence globale de consommation des aliments riches en protéines apparaît proche de celle des plus jeunes, la nature de ces apports diffère, avec une place plus importante accordée aux produits laitiers, aux œufs et au poisson, et une moindre contribution de la viande et de la volaille. Pour autant, certaines consommation (en particulier concernant l’alcool) sont moins compatibles avec une alimentation équilibrée.

Au-delà de ce qu’ils consomment, les comportements alimentaires des seniors se caractérisent par des approches de l’alimentation plus souvent marquées par des pratiques traditionnelles. Pour autant, cette population ne forme pas un ensemble homogène : on y observe une diversité de profils et de rapports à l’alimentation. Les seniors accordent par ailleurs une attention particulière aux liens entre alimentation, santé et poids, tout en entretenant un rapport plus distancié que la moyenne aux nouvelles sources d’information en matière de nutrition.

Source : Crédoc
Publication : Cahier de recherche N°C36, avril 2026